Abattement pour personnes âgées : les seuils et montants à vérifier en 2026
L’abattement pour personnes âgées peut réduire le revenu imposable des contribuables modestes de plus de 65 ans et de certaines personnes invalides. Pour les revenus de 2025 déclarés en 2026, il atteint 2 822 € par bénéficiaire sous conditions, ou 1 411 € dans la tranche suivante. L’administration l’applique généralement automatiquement, mais certaines vérifications restent utiles sur l’avis d’impôt.
Un abattement sur le revenu, pas une baisse directe de l’impôt
Prévu par l’article 157 bis du Code général des impôts, l’abattement spécial pour personnes âgées et invalides est une somme déduite du revenu net global. Il intervient avant l’application du barème progressif de l’impôt sur le revenu. Son effet dépend donc de la situation fiscale du foyer : deux contribuables bénéficiant du même abattement ne réalisent pas nécessairement la même économie d’impôt.
Testez vos connaissances : Abattement pour personnes âgées
Le revenu net global ne correspond pas au revenu fiscal de référence. Il désigne, de façon simplifiée, le total des revenus du foyer après les charges et déficits admis en déduction, avant certains abattements et le calcul final de l’impôt. Les plus-values imposées à un taux proportionnel et les revenus soumis à un prélèvement libératoire ne sont pas retenus pour apprécier le plafond. En revanche, les revenus soumis au système du quotient sont pris en compte intégralement.
Ce que l’abattement change concrètement
Supposons qu’une personne seule éligible ait un revenu net global de 17 000 €. L’administration déduit 2 822 €, ce qui ramène la base soumise au barème à 14 178 €, avant les autres règles de calcul applicables au foyer. Si cette personne n’est déjà pas imposable, l’abattement ne crée pas de remboursement : ce n’est ni un crédit d’impôt ni une somme versée directement.
Les conditions d’âge, d’invalidité et de foyer fiscal
La condition d’âge est remplie si le contribuable a plus de 65 ans au 31 décembre de l’année d’imposition. Pour les revenus de 2025, il faut donc avoir atteint cet âge au 31 décembre 2025. L’abattement ne concerne pas uniquement les retraités. Une personne qui exerce encore une activité peut aussi y prétendre si elle respecte les conditions d’âge et de revenus.
Les situations d’invalidité concernées
L’âge n’est pas exigé pour certaines personnes invalides. Sont notamment concernées les personnes titulaires d’une pension militaire d’invalidité d’au moins 40 %, d’une pension d’invalidité pour accident du travail d’au moins 40 %, ou d’une carte mobilité inclusion portant la mention « invalidité ». Cette dernière est généralement associée à une incapacité permanente d’au moins 80 %. La situation doit être examinée au regard des droits effectivement ouverts. Une demande de carte en cours peut entraîner une régularisation si elle est finalement acceptée ou refusée.
Un couple peut-il obtenir le double ?
Oui, à condition que chacun des deux membres d’un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune remplisse personnellement une condition d’âge ou d’invalidité. Le montant est alors doublé. Si un seul conjoint est éligible, le foyer ne bénéficie que d’un seul abattement. Une personne à la fois âgée et invalide ne cumule pas deux avantages : elle ouvre droit à un seul abattement.
Les revenus des deux conjoints sont réunis pour vérifier le seuil applicable au foyer, même si un seul membre remplit la condition d’âge ou d’invalidité. Ainsi, un retraité de plus de 65 ans peut ne pas bénéficier de l’abattement lorsque les revenus communs du couple dépassent le plafond. À l’inverse, deux conjoints éligibles peuvent obtenir un montant doublé, sans que les seuils de revenus soient eux-mêmes multipliés.
Les montants applicables aux revenus de 2025 déclarés en 2026
Les montants et les plafonds sont revalorisés avec la première tranche du barème de l’impôt sur le revenu. Pour cette déclaration, la revalorisation annoncée est de 0,9 %. Le revenu à comparer est celui de l’ensemble du foyer fiscal, et non la seule pension de retraite de la personne concernée.
| Revenu net global du foyer | Nombre de personnes éligibles | Abattement appliqué |
|---|---|---|
| Inférieur ou égal à 17 670 € | Une personne | 2 822 € |
| Inférieur ou égal à 17 670 € | Deux conjoints éligibles | 5 644 € |
| Supérieur à 17 670 € et inférieur ou égal à 28 430 € | Une personne | 1 411 € |
| Supérieur à 17 670 € et inférieur ou égal à 28 430 € | Deux conjoints éligibles | 2 822 € |
| Supérieur à 28 430 € | Quel que soit le nombre de bénéficiaires | Aucun abattement |
Exemple : un couple dont les deux conjoints ont plus de 65 ans et dont le revenu net global atteint 24 000 € bénéficie d’un abattement total de 2 822 €. Si le revenu global était de 16 500 €, l’abattement passerait à 5 644 €. En revanche, à 28 500 €, il disparaîtrait intégralement. Le franchissement du plafond supérieur entraîne donc la perte de l’avantage, et non sa simple réduction.
Déclaration : une application automatique à contrôler
L’administration fiscale applique en principe cet abattement automatiquement lorsqu’elle dispose des informations nécessaires sur l’âge, la composition du foyer et la situation d’invalidité. Il n’existe donc pas de case spécifique à remplir pour demander l’abattement lié à l’âge. Le contribuable doit toutefois déclarer correctement sa situation familiale et, lorsque cela est nécessaire, les éléments relatifs à l’invalidité.
Les vérifications utiles sur l’avis d’impôt
Après réception de l’avis, vérifiez le revenu net global retenu, l’âge de chaque membre du foyer au 31 décembre, l’éventuelle imposition commune et le montant de l’abattement indiqué dans le détail du calcul. En cas d’absence ou d’erreur, vous pouvez utiliser la messagerie sécurisée de votre espace fiscal ou contacter le service des impôts des particuliers. Conservez les justificatifs d’invalidité utiles.
Une modification ultérieure des revenus peut aussi changer le droit à l’abattement. Si un rehaussement des bases d’imposition fait dépasser le plafond de 28 430 €, l’avantage peut être remis en cause. À l’inverse, une correction qui diminue le revenu net global peut permettre de le retrouver. La vérification doit donc porter sur le calcul final, et pas uniquement sur le montant des pensions déclarées.
Ne pas confondre avec les autres avantages fiscaux liés à l’âge
L’abattement pour personnes âgées est souvent confondu avec une réduction ou un crédit d’impôt. La distinction est pourtant simple : un abattement réduit le revenu sur lequel l’impôt est calculé. Une réduction d’impôt diminue l’impôt dû, sans donner lieu à un remboursement au-delà de zéro. Un crédit d’impôt peut, selon ses règles, bénéficier également à un foyer non imposable.
- Aide à domicile : les services à la personne peuvent ouvrir droit à un crédit d’impôt de 50 % des dépenses, dans la limite habituelle de 12 000 €, majorée de 1 500 € par membre du foyer de plus de 65 ans, sans dépasser 15 000 €. Dans certaines situations d’invalidité, le plafond peut atteindre 20 000 €.
- Hébergement en EHPAD : les dépenses d’hébergement et de dépendance peuvent ouvrir droit à une réduction d’impôt de 25 %, retenue dans la limite de 10 000 € par personne, soit 2 500 € au maximum par an.
- Invalidité : une incapacité permanente d’au moins 80 % peut également entraîner une majoration d’une demi-part de quotient familial. Ce mécanisme est distinct de l’abattement spécial.
Un retraité non imposable peut donc bénéficier de l’abattement sans réaliser d’économie immédiate, tout en restant potentiellement éligible à un crédit d’impôt pour l’aide à domicile. Chaque mécanisme doit être examiné séparément : ils n’interviennent pas au même stade du calcul et ne reposent ni sur les mêmes plafonds ni sur les mêmes conditions.



