Magazine indépendant · Autonomie, prévention & maintien à domicile Nice · Côte d'Azur
Pharmacie Borriglione Le magazine de l'autonomie & du bien-être
Bien-être & prévention

Allocation aidant familial : 66 jours d’AJPA ou un dédommagement PCH ?

Élise-Marie Delmas-Cadieux 7 min de lecture
Allocation aidant familial : AJPA ou dédommagement PCH, aide humaine et jours CAF

Lorsqu’un proche a besoin d’une présence régulière en raison d’un handicap, d’une maladie ou d’une perte d’autonomie, l’expression « allocation aidant familial » peut désigner plusieurs dispositifs. L’AJPA compense une réduction temporaire d’activité, tandis que la PCH peut financer l’aide humaine et, dans certains cas, dédommager l’aidant. Le dispositif adapté dépend donc de votre situation professionnelle et des droits de la personne accompagnée.

AJPA, PCH, dédommagement ou salaire : ne pas confondre les dispositifs

La première étape consiste à déterminer ce qui doit être compensé : votre perte de revenus, le besoin d’aide humaine de votre proche ou un véritable emploi à domicile. Ces dispositifs ne sont pas attribués par les mêmes organismes et ne répondent pas aux mêmes règles.

AJPA et PCH : testez vos connaissances

Dispositif Objectif Organisme concerné Nature du versement
AJPA Compenser une réduction ou une interruption d’activité pour aider un proche CAF ou MSA Allocation journalière liée au congé de proche aidant
PCH, aide humaine Financer les besoins d’assistance de la personne handicapée MDPH puis conseil départemental Prestation versée à la personne aidée
Dédommagement PCH Reconnaître l’aide apportée par un proche non professionnel Dans le cadre de la PCH accordée Dédommagement, sans assimilation à un salaire
Emploi direct Rémunérer un proche pour une aide à domicile Personne employeuse et URSSAF Salaire avec contrat, déclaration et cotisations

L’AJPA : un revenu de remplacement temporaire

L’allocation journalière du proche aidant s’adresse aux personnes qui réduisent ou cessent temporairement leur activité professionnelle pour accompagner un proche. Elle indemnise les journées, mais aussi les demi-journées, prises dans le cadre du congé de proche aidant. Elle ne rémunère pas les actes effectués : elle compense en partie la baisse de revenus pendant une période d’aidance.

Le dédommagement PCH : une réponse aux besoins d’aide humaine

La prestation de compensation du handicap répond à une autre logique. Elle est demandée au nom de la personne en situation de handicap, dont les besoins sont évalués par la MDPH. Si un aidant familial assure une partie de l’aide humaine prévue dans le plan de compensation, un dédommagement peut être envisagé. Ce versement ne crée pas de contrat de travail : l’aidant n’est pas salarié de son proche et ne bénéficie pas, à ce titre, des garanties liées à un emploi déclaré.

À quelles conditions l’AJPA peut-elle être versée ?

L’AJPA suppose une situation d’aidance reconnue et une réduction effective d’activité. L’aidant doit accompagner régulièrement et fréquemment un proche présentant un handicap ou une perte d’autonomie importante. La personne aidée peut notamment avoir un taux d’incapacité d’au moins 80 % reconnu par la MDPH, ou être classée en GIR 1, 2, 3 ou 4 en cas de perte d’autonomie.

Le dispositif concerne notamment les salariés, les agents publics, les travailleurs indépendants, les demandeurs d’emploi indemnisés et les conjoints collaborateurs, lorsque leur situation leur permet de réduire ou de suspendre leur activité. Un salarié ou un fonctionnaire doit d’abord demander le congé de proche aidant à son employeur ou à son administration. Une personne retraitée sans activité à interrompre ne perçoit en principe pas l’AJPA, puisqu’aucun revenu professionnel n’est temporairement remplacé.

L’aidance peut évoluer rapidement : une hospitalisation, une fatigue accrue ou une sortie d’hôpital peut entraîner une réduction des horaires et compliquer les trajets, les repas ou les rendez-vous. Avant de déposer une demande, notez pendant quelques semaines les moments où votre présence est indispensable. Ce relevé ne remplace pas les justificatifs administratifs, mais il aide à distinguer un besoin ponctuel pouvant relever de l’AJPA d’une aide humaine durable à faire évaluer dans un dossier PCH.

Montants et durée : les limites à connaître avant de s’organiser

66,64 euros par jour et un compteur par proche

Au 1er janvier 2026, le montant de l’AJPA est de 66,64 euros par jour. Le versement peut aussi correspondre à une demi-journée lorsque l’activité est réduite sans être totalement interrompue. L’allocation est payée chaque mois par la CAF ou la MSA, après transmission de l’attestation mensuelle nécessaire pour déclarer les jours d’absence ou de réduction d’activité.

La limite est fixée à 66 jours par proche accompagné. Depuis le 1er janvier 2025, l’AJPA peut être mobilisée pour quatre proches au maximum sur l’ensemble de la carrière, soit un plafond global de 264 jours. Les jours peuvent être pris de manière fractionnée : il n’est pas nécessaire de les utiliser sur une seule période continue.

Le dédommagement PCH dépend du plan attribué

Le dédommagement PCH ne repose pas sur un forfait identique pour tous. Il dépend du nombre d’heures d’aide humaine reconnu dans le plan PCH. Les montants indiqués pour 2025 sont de 4,26 euros par heure lorsque l’aidant vit avec la personne aidée et de 6,39 euros par heure lorsqu’il ne vit pas sous le même toit. Ces sommes restent distinctes d’un salaire. Si la personne aidée souhaite employer directement un proche, une relation de travail déclarée doit être mise en place, avec les formalités auprès de l’URSSAF.

Demander l’aide au bon organisme, sans mélanger les dossiers

Pour l’AJPA, adressez-vous à la CAF si vous relevez du régime général, ou à la MSA si vous dépendez du régime agricole. La demande peut être effectuée depuis l’espace personnel de l’organisme compétent ou au moyen d’un formulaire papier. Les informations concernant le congé, la personne accompagnée et votre activité professionnelle doivent correspondre aux pièces transmises.

  • Demandez le congé de proche aidant à votre employeur ou à votre administration lorsque cette démarche est nécessaire.
  • Préparez les justificatifs liés à votre activité et à la situation de la personne aidée.
  • Déposez la demande auprès de la CAF ou de la MSA.
  • Retournez l’attestation mensuelle pour permettre le calcul du versement.
  • Signalez rapidement toute reprise d’activité ou modification de votre situation.

Pour la PCH, le dossier est déposé auprès de la MDPH du département de résidence de la personne handicapée. Le formulaire MDPH Cerfa n° 15692*01 est accompagné d’un certificat médical, dont la procédure mentionne une ancienneté de moins d’un an. La MDPH évalue les besoins d’aide humaine et transmet une décision. Le conseil départemental intervient ensuite pour verser la prestation accordée. Le délai moyen d’instruction annoncé est de 4 à 6 mois : déposez un dossier complet et conservez une copie de chaque document.

Cumul, refus et changements de situation : les points de vigilance

L’AJPA n’est pas automatiquement cumulable avec toutes les prestations de remplacement de revenu. Certaines allocations ou indemnités versées au titre d’un arrêt, d’un congé ou d’une suspension d’activité peuvent être incompatibles avec l’AJPA ou suspendues pendant les jours indemnisés. Avant de déclarer vos jours, vérifiez votre situation auprès de la CAF, de la MSA ou de l’organisme qui verse déjà la prestation.

La PCH et l’AJPA ne couvrent pas le même besoin : la première finance l’aide humaine de la personne handicapée, tandis que la seconde compense l’absence ou la réduction d’activité de l’aidant. Leur articulation doit toutefois être vérifiée selon la décision PCH, l’organisation de l’aide et les sommes déjà perçues. En cas de dossier incomplet, de refus ou de changement de situation, demandez la notification écrite, identifiez le motif précis et transmettez les éléments manquants dans le délai indiqué.

Pour engager une démarche fiable, consultez les informations officielles de la CAF, de la MSA et de la CNSA, puis contactez la MDPH de votre département pour la PCH. Cette distinction entre interlocuteurs permet de suivre la bonne procédure : l’AJPA concerne d’abord votre activité, tandis que la PCH part des besoins de la personne aidée.

Élise-Marie Delmas-Cadieux

Partager cet article

Retour en haut